Spécial dédicace loulphi75 : LISTE D'OEUVRES REMARQUABLEMENT JOUEES (pianistes du XXe siècle, sequel)
Alfred CORTOT (1877-1962) :
- Chopin, Valse op. 69 n° 1 (24 mai 1943)
- Chopin, Prélude n° 1 (2 décembre 1942)
- Fauré, Romance sans paroles n° 3 (28 décembre 1922, prise 1)
- Fauré, Berceuse de « Dolly » (20 janvier 1925, prise 2) – [A mourir…]
Et pour ceux qui croiraient encore que Cortot n’avait pas une bonne technique :
- Chopin, Étude op. 25 n° 11 (1er mars 1923, prise 10)
Arthur SCHNABEL (1882-1951) :
- Brahms, Concerto n° 2 (7 & 14 novembre 1935) – [L’enregistrement que j’emmènerais sur île déserte (même si l’orchestre joue faux) ? – avec ‘Ricordanza’ par Bolet et quelques Lipatti et la Ballade de Liszt par Horowitz…]
- Schumann, Scènes d’enfants (3 juin 1947)
- Beethoven, Sonate n° 16 (5 & 6 novembre 1935, 15 janvier 1937)
Dinu LIPATTI (1917-1950) :
- Chopin, Concerto n° 1 (7 février 1950) – [la SEULE version que j’aime de ce Concerto (et je ne l’ai découverte qu’à 22 ans, en en ayant écouté beaucoup d’autres auparavant et depuis)]
- Chopin, Sonate n° 3 (1er & 4 mars 1947) – [Idem, et je dois connaître 25 versions de cette Sonate (dont le 1er mouvement est l’oeuvre que j’ai peut-être le plus travaillée) : même Arrau et Cortot, je ne les aime pas dedans ; quand même, Argerich (pianiste qui souvent me lasse un peu malgré son génie – dont la violence n’est pas ma tasse de thé, et de manière générale monotone à la longue) y est admirable dans ses 2 versions (1965, 1967 – seulement son 1er mouvement pour celle de 1967), et celle de Vera Gornostayeva – pianiste dont tout enregistrement, en ce qui me concerne, est une référence – vaut le « coup d’oreille », comme on dit (consultable sur classicalarchives.com, avec abonnement malheureusement…). Sinon, comme de coutume, la pire est peut-être celle de Magaloff, et celles de Samson et Gilels sont aussi particulièrement émétiques…]
Walter GIESEKING (1895-1956) :
- Debussy, « Feux d’artifice » (c. 1951-1955)
Samson FRANÇOIS (1924-1970) :
- Chopin, Impromptu n° 1 (c. 1954-1968)
- Franck, « Prélude, choral et fugue » (1955)
Rudolf SERKIN (1903-1991) :
- Beethoven, « Pathétique » (8 & 15 décembre 1962) – [Son 1er mouvement, notamment (et, mais c’est personnel, et je l'y admire d'autant plus, que c’est le morceau que j’ai trouvé le plus difficile à jouer – l’Appassionata à côté, ce n’est rien – en difficulté s’entend), est proprement stupéfiant.]
Glenn GOULD (1932-1982) :
- J.-S. Bach, Invention à 3 voix n° 15 [si mineur] (mars 1964)
Wilhelm KEMPFF (1895-1991) :
- Beethoven, « Mondschein-Sonate » (janvier 1965) – [Le 1er mouvement ! Qui d’autre que Kempff l’a joué ainsi ? (i.e. tous les autres ne lui arrivent pas à la cheville dans ce 1er mouvement…)]
Claudio ARRAU (1903-1991) :
- Chopin, Nocturne op. 62 n° 1 (17 septembre 1971, récital pour la Radio de la Suisse Italienne)
- Chopin, Ballade n° 4 (avril 1977)
Vladimir HOROWITZ (1903-1989) :
- Liszt, Ballade n° 2 (novembre 1981) – [Arriverez-vous à la fin sans fondre en larmes, terrassé par « la plus forte émotion que l’esprit soit capable de sentir » (Burke sur le Sublime), là est la question. C’est un peu comparable à ces grands films d’horreur, dans les moments où l’angoisse devient tellement insupportable (Bobby montant chercher son chien dans la colline de « La colline a des yeux » – celui de Craven ! –, la scène des toilettes publiques de « Maniac », ou « Dark Water » de Nakata…) qu’on se dit qu’il faut appuyer sur la touche stop (ou sortir de la salle), sans, bien sûr, en faire autant (masochisme oblige), – ou bien aux mélos de Sirk… (encore plus cruels que les films d’horreur).]
Jorge BOLET (1914-1990) :
- Liszt, « Ricordanza » [Étude d’exécution transcendante n° 9] (mars 1985, CD : Liszt, Œuvres pour piano vol. 7)
- Liszt, « Grand Galop chromatique » (22 août 1972 ; CD : Bolet rediscovered. Liszt Recital)
Alicia de LARROCHA (née en 1923) :
- Albeniz, « Almería » & « Triana » [extraits d’ « Iberia »] (janvier 1992)
P.S.(I) Sinon, j’ai une profonde admiration pour Paul Badura-Skoda dans les Concertos n° 23 et 25 de Mozart (je ne l’ai pas entendu dans les autres) : quel son, quelle finesse, quelle vivacité… ! – manque juste, peut-être, une touche de « génie » (enfin, comme on dit, j’aimerais bien les jouer comme lui…), mais franchement, (un grand pardon aux fans, nombreux ici – et partout –, de cette pianiste), on s’ennuie moins que chez Clara Haskil… [Par contre, Badura-Skoda dans Schumann, c’est moins bien… (là, je préfère encore Clara Haskil…)]
P.S.(II) Aussi, j’aime bien Stephen Hough et Howard Shelley (bons pianistes), et pour cette raison : ils ont enregistré les Concertos de Hummel…
P.S.(III) IMPORTANT : A ceux qui pour l’instant ne portent pas Bolet et Larrocha dans leur cœur, chers « GAiens », je vous en conjure, et vous prie (à genoux) de jeter une oreille au « Ricordanza » par Bolet (le son le plus incroyable que j’ai jamais entendu) et à « Almería » (ce chef d’œuvre d’Albeniz) par Larrocha.
P.S.(IV) Pour moi, le problème avec Cortot, ce n’est pas ce mythe d’une technique défaillante (réécoutez les Etudes et Préludes de Chopin…), ni les fausses notes (même dans la Romance de Fauré, il en fait ! Limite technique ? Vous voyez bien qu’à l’époque ça avait moins d’importance, la propreté… Cortot enregistrait vite, et sans se douter de la postérité que ces enregistrements auraient par la suite), et quelle version des Préludes de Chopin est aussi géniale que la sienne (même avec un pain dès la 2ème mesure du 24ème – pain qu’il ne fait pas, au demeurant, dans une autre version non intégrale des Préludes, si jamais ce pain vous insupporte au point de trouver que ce prélude, et tout le cycle avec, s’en trouvent gâchés…) ? – non, ce qui me gêne (le mot est faible), et ça été dur de taper les dates d’enregistrement des Préludes et des Valses, c’est l’homme : sa participation active au gouvernement de Vichy, Laval… Comment peut-on à la fois jouer les Préludes de Chopin (s’il y a bien un compositeur de l’Amour, et tant pis si ça fait bête et kitsch de dire ça, c’est bien Chopin) comme il le fait et avoir accepté « de bon cœur » (horrible expression, n’est-ce pas) les charges ministérielles qu’il occupa dans le gouvernement Laval ? Comment peut-on à la fois avoir écrit « Sein und Zeit » ou prononcé la conférence « Qu’est-ce que la métaphysique ? », et adhéré au régime nazi (Heidegger) ? C’est insoluble, et c’est comme ça (et le « Pardon », mon œil, et de toute façon, ce n’est pas à moi de pardonner – s’il y a bien une chose sublime, magnifique, pour ce qui concerne cette grande dame, c’est que Hannah Arendt ait pardonné à Heidegger). Et le « Oui, mais il ne savait pas ce qu’il faisait… », ou encore (aussi con) : « Toute la philosophie de Heidegger est rapportable au nazisme », est un faux débat qui n’intéresse personne (sauf en France). Alors, voilà, Heidegger ou Cortot, c’étaient des pauv’ types – et pourtant, « Sein und Zeit » est un des plus grands livres du XXe siècle, Cortot dans Chopin, Fauré, Liszt…, c’est tout simplement magnifique. Bref, donc… au moins le temps que l’on écoute les merveilleux enregistrements que ce connard nous a laissés, mieux vaut ne pas y penser…
P.S.(V) Quand même, Michelangeli dans le 2ème livre des Préludes de Debussy, c'est vraiment génial (même si je préfère Gieseking). Mais je ne l'aime pas dans Chopin...
P.S.(VI) J'ajoute Zimerman, même si souvent je ne l'aime pas (ses Ballades de Chopin en CD : inbuvables... dans mon souvenir du moins), car ma plus grande émotion de concert, ce fut lui dans la Sonate D 959 de Schubert, un soir à la salle Pleyel. Et, aux plus grandes émotions "live", il convient d'ajouter les masterclasses de Vera Gornostayeva auxquelles j'ai eu la chance d'assister. Ses superbes enregistrements dont j'ai conseillé le lien ci-dessus, ne sont qu'un pâle reflet de ce qui se passe lorsqu'elle donne cours, jouant parfois intégralement l'oeuvre concernée (toujours de mémoire, que ce soit Chopin, Schumann, Debussy, Rachmaninov ou Mozart, monuments de la littérature - et de difficultés - pianistique y compris), et à l'occasion tout en parlant : frissons, vertige, larmes retenues (c'est une masterclasse quand même, plein jour tout ça, il faut se tenir...), pris entre le son inouï qui jaillit de ses doigts et celui de la voix de la traductrice (qui, elle-même, parfois, n'arrivait plus à traduire, trop bouleversée, le souffle coupé) qui nous transmet les images que "Gorno" (c'est comme cela qu'on l'appelait) pour nous met en langage (le russe, cette langue magnifique) : les choses les plus profondes que j'ai entendues sur Chopin, je les ai entendues de la bouche de l'interprète (dont, honte à moi, j'ai oublié le prénom, une femme charmante, qui m'aimait bien - c'était réciproque) de Gorno, et donc, vous l'aurez compris, de la bouche de cette dernière.
P.S.(VII) Ah oui, aussi, il y a un pianiste, que là, pour le coup, je déteste au plus haut point (c'est tout ce que je n'aime pas), mais qui, je l'avoue, avait été... pff, je ne trouve plus de mots, bref, démentiel, inoubliable... dans une impro sur la 2ème Rhapsodie hongroise de Liszt, en concert à Auvers-sur-Oise : Denis Matsouev (dont j'ai honte d'écrire le nom à côté de tous les grands que j'ai cités, y compris en mal, de Lipatti à Haskil...).
P.S.(VIII) Aimard dans Ligeti, c'est excellent... (Enfin, pour Brahms, j'adorais Katchen avant, mais un peu moins maintenant - et once more, Katchen dans Chopin, no good)
09/06/08 - 08:50
Là, je dis bravo !
Convaincu !
((Sauf pour Larrocha, Gieseking et Bolet (je persiste...)que je remplacerai volontiers par Brendel, Pollini et Bacha...))
:-)
loulphi75