J'écoute : Five Years (Bowie) et Leon Fleischer dans les Concertos de Beethoven (avec Szell)
Je regarde : La Belle au bois dormant (Disney) - en jonglant entre la vf et la vo, pour la voix de Danielle Licari...
Je lis : L'OEuvre d'art et ses significations (Panofsky)
Je joue : l'étude en ré # mineur de Scriabine et l' "Alborada" (Ravel)
Je mange : le Rien (enfin, n'exagérons rien)
Je bois : quand même et m'aime si
Je cite : « Sans doute les œuvres d’art importantes sont-elles, de façon générale, celles qui s’assignent un but extrême, qui se brisent en voulant l’atteindre, et dont les lignes de fracture demeurent comme le chiffre de la vérité suprême qu’elles n’ont pu nommer. » (Adorno, QUASI UNA FANTASIA, 1963) – « Plus que le vice, dit Proust, inquiètent la folie et son innocence. Si la schizophrénie, c’est l’universel, le grand artiste est bien celui qui franchit le mur schizophrénique et atteint la patrie inconnue, là où il n’est plus d’aucun temps, d’aucun milieu, d’aucune école. » (Deleuze et Guattari, L’ANTI-ŒDIPE, 1972) – « J’ai tout fumé les Craven ‘A’. » (Sabine Paturel, 1986) – « Nous ne sommes que des êtres de vent, des messagers évanouissants entre la jouissance qui aspire les mots et le nom du père qui les ordonne. » (J.-D. Nasio, 1992) – « Si le roi est nu en effet, ce n’est justement que pour autant qu’il l’est sous un certain nombre d’habits – fictifs sans doute, mais néanmoins essentiels à sa nudité. Et par rapport à ses habits, sa nudité elle-même pourrait bien n’être jamais assez nue. Après tout, on peut écorcher le roi comme la danseuse. » (Lacan, Le Séminaire. Livre VII : L’éthique de la psychanalyse, 18 novembre 1959)
Je pense : où je ne suis pas, donc je suis où je ne pense pas
Je rêve : = désir au second degré, désir de désir
(mis à jour dimanche 13 juillet 2008 à 15:18)

09/06/2008

09/06/08 - 01:09

Spécial dédicace loulphi75 : LISTE D'OEUVRES REMARQUABLEMENT JOUEES (pianistes du XXe siècle, sequel)


Alfred CORTOT (1877-1962) :
- Chopin, Valse op. 69 n° 1 (24 mai 1943)
- Chopin, Prélude n° 1 (2 décembre 1942)
- Fauré, Romance sans paroles n° 3 (28 décembre 1922, prise 1)
- Fauré, Berceuse de « Dolly » (20 janvier 1925, prise 2) – [A mourir…]
Et pour ceux qui croiraient encore que Cortot n’avait pas une bonne technique :
- Chopin, Étude op. 25 n° 11 (1er mars 1923, prise 10)

Arthur SCHNABEL (1882-1951) :
- Brahms, Concerto n° 2 (7 & 14 novembre 1935) – [L’enregistrement que j’emmènerais sur île déserte (même si l’orchestre joue faux) ? – avec ‘Ricordanza’ par Bolet et quelques Lipatti et la Ballade de Liszt par Horowitz…]
- Schumann, Scènes d’enfants (3 juin 1947)
- Beethoven, Sonate n° 16 (5 & 6 novembre 1935, 15 janvier 1937)

Dinu LIPATTI (1917-1950) :
- Chopin, Concerto n° 1 (7 février 1950) – [la SEULE version que j’aime de ce Concerto (et je ne l’ai découverte qu’à 22 ans, en en ayant écouté beaucoup d’autres auparavant et depuis)]
- Chopin, Sonate n° 3 (1er & 4 mars 1947) – [Idem, et je dois connaître 25 versions de cette Sonate (dont le 1er mouvement est l’oeuvre que j’ai peut-être le plus travaillée) : même Arrau et Cortot, je ne les aime pas dedans ; quand même, Argerich (pianiste qui souvent me lasse un peu malgré son génie – dont la violence n’est pas ma tasse de thé, et de manière générale monotone à la longue) y est admirable dans ses 2 versions (1965, 1967 – seulement son 1er mouvement pour celle de 1967), et celle de Vera Gornostayeva – pianiste dont tout enregistrement, en ce qui me concerne, est une référence – vaut le « coup d’oreille », comme on dit (consultable sur classicalarchives.com, avec abonnement malheureusement…). Sinon, comme de coutume, la pire est peut-être celle de Magaloff, et celles de Samson et Gilels sont aussi particulièrement émétiques…]

Walter GIESEKING (1895-1956) :
- Debussy, « Feux d’artifice » (c. 1951-1955)

Samson FRANÇOIS (1924-1970) :
- Chopin, Impromptu n° 1 (c. 1954-1968)
- Franck, « Prélude, choral et fugue » (1955)

Rudolf SERKIN (1903-1991) :
- Beethoven, « Pathétique » (8 & 15 décembre 1962) – [Son 1er mouvement, notamment (et, mais c’est personnel, et je l'y admire d'autant plus, que c’est le morceau que j’ai trouvé le plus difficile à jouer – l’Appassionata à côté, ce n’est rien – en difficulté s’entend), est proprement stupéfiant.]

Glenn GOULD (1932-1982) :
- J.-S. Bach, Invention à 3 voix n° 15 [si mineur] (mars 1964)

Wilhelm KEMPFF (1895-1991) :
- Beethoven, « Mondschein-Sonate » (janvier 1965) – [Le 1er mouvement ! Qui d’autre que Kempff l’a joué ainsi ? (i.e. tous les autres ne lui arrivent pas à la cheville dans ce 1er mouvement…)]

Claudio ARRAU (1903-1991) :
- Chopin, Nocturne op. 62 n° 1 (17 septembre 1971, récital pour la Radio de la Suisse Italienne)
- Chopin, Ballade n° 4 (avril 1977)

Vladimir HOROWITZ (1903-1989) :
- Liszt, Ballade n° 2 (novembre 1981) – [Arriverez-vous à la fin sans fondre en larmes, terrassé par « la plus forte émotion que l’esprit soit capable de sentir » (Burke sur le Sublime), là est la question. C’est un peu comparable à ces grands films d’horreur, dans les moments où l’angoisse devient tellement insupportable (Bobby montant chercher son chien dans la colline de « La colline a des yeux » – celui de Craven ! –, la scène des toilettes publiques de « Maniac », ou « Dark Water » de Nakata…) qu’on se dit qu’il faut appuyer sur la touche stop (ou sortir de la salle), sans, bien sûr, en faire autant (masochisme oblige), – ou bien aux mélos de Sirk… (encore plus cruels que les films d’horreur).]

Jorge BOLET (1914-1990) :
- Liszt, « Ricordanza » [Étude d’exécution transcendante n° 9] (mars 1985, CD : Liszt, Œuvres pour piano vol. 7)
- Liszt, « Grand Galop chromatique » (22 août 1972 ; CD : Bolet rediscovered. Liszt Recital)

Alicia de LARROCHA (née en 1923) :
- Albeniz, « Almería » & « Triana » [extraits d’ « Iberia »] (janvier 1992)


P.S.(I) Sinon, j’ai une profonde admiration pour Paul Badura-Skoda dans les Concertos n° 23 et 25 de Mozart (je ne l’ai pas entendu dans les autres) : quel son, quelle finesse, quelle vivacité… ! – manque juste, peut-être, une touche de « génie » (enfin, comme on dit, j’aimerais bien les jouer comme lui…), mais franchement, (un grand pardon aux fans, nombreux ici – et partout –, de cette pianiste), on s’ennuie moins que chez Clara Haskil… [Par contre, Badura-Skoda dans Schumann, c’est moins bien… (là, je préfère encore Clara Haskil…)]

P.S.(II) Aussi, j’aime bien Stephen Hough et Howard Shelley (bons pianistes), et pour cette raison : ils ont enregistré les Concertos de Hummel…

P.S.(III) IMPORTANT : A ceux qui pour l’instant ne portent pas Bolet et Larrocha dans leur cœur, chers « GAiens », je vous en conjure, et vous prie (à genoux) de jeter une oreille au « Ricordanza » par Bolet (le son le plus incroyable que j’ai jamais entendu) et à « Almería » (ce chef d’œuvre d’Albeniz) par Larrocha.

P.S.(IV) Pour moi, le problème avec Cortot, ce n’est pas ce mythe d’une technique défaillante (réécoutez les Etudes et Préludes de Chopin…), ni les fausses notes (même dans la Romance de Fauré, il en fait ! Limite technique ? Vous voyez bien qu’à l’époque ça avait moins d’importance, la propreté… Cortot enregistrait vite, et sans se douter de la postérité que ces enregistrements auraient par la suite), et quelle version des Préludes de Chopin est aussi géniale que la sienne (même avec un pain dès la 2ème mesure du 24ème – pain qu’il ne fait pas, au demeurant, dans une autre version non intégrale des Préludes, si jamais ce pain vous insupporte au point de trouver que ce prélude, et tout le cycle avec, s’en trouvent gâchés…) ? – non, ce qui me gêne (le mot est faible), et ça été dur de taper les dates d’enregistrement des Préludes et des Valses, c’est l’homme : sa participation active au gouvernement de Vichy, Laval… Comment peut-on à la fois jouer les Préludes de Chopin (s’il y a bien un compositeur de l’Amour, et tant pis si ça fait bête et kitsch de dire ça, c’est bien Chopin) comme il le fait et avoir accepté « de bon cœur » (horrible expression, n’est-ce pas) les charges ministérielles qu’il occupa dans le gouvernement Laval ? Comment peut-on à la fois avoir écrit « Sein und Zeit » ou prononcé la conférence « Qu’est-ce que la métaphysique ? », et adhéré au régime nazi (Heidegger) ? C’est insoluble, et c’est comme ça (et le « Pardon », mon œil, et de toute façon, ce n’est pas à moi de pardonner – s’il y a bien une chose sublime, magnifique, pour ce qui concerne cette grande dame, c’est que Hannah Arendt ait pardonné à Heidegger). Et le « Oui, mais il ne savait pas ce qu’il faisait… », ou encore (aussi con) : « Toute la philosophie de Heidegger est rapportable au nazisme », est un faux débat qui n’intéresse personne (sauf en France). Alors, voilà, Heidegger ou Cortot, c’étaient des pauv’ types – et pourtant, « Sein und Zeit » est un des plus grands livres du XXe siècle, Cortot dans Chopin, Fauré, Liszt…, c’est tout simplement magnifique. Bref, donc… au moins le temps que l’on écoute les merveilleux enregistrements que ce connard nous a laissés, mieux vaut ne pas y penser…

P.S.(V) Quand même, Michelangeli dans le 2ème livre des Préludes de Debussy, c'est vraiment génial (même si je préfère Gieseking). Mais je ne l'aime pas dans Chopin...

P.S.(VI) J'ajoute Zimerman, même si souvent je ne l'aime pas (ses Ballades de Chopin en CD : inbuvables... dans mon souvenir du moins), car ma plus grande émotion de concert, ce fut lui dans la Sonate D 959 de Schubert, un soir à la salle Pleyel. Et, aux plus grandes émotions "live", il convient d'ajouter les masterclasses de Vera Gornostayeva auxquelles j'ai eu la chance d'assister. Ses superbes enregistrements dont j'ai conseillé le lien ci-dessus, ne sont qu'un pâle reflet de ce qui se passe lorsqu'elle donne cours, jouant parfois intégralement l'oeuvre concernée (toujours de mémoire, que ce soit Chopin, Schumann, Debussy, Rachmaninov ou Mozart, monuments de la littérature - et de difficultés - pianistique y compris), et à l'occasion tout en parlant : frissons, vertige, larmes retenues (c'est une masterclasse quand même, plein jour tout ça, il faut se tenir...), pris entre le son inouï qui jaillit de ses doigts et celui de la voix de la traductrice (qui, elle-même, parfois, n'arrivait plus à traduire, trop bouleversée, le souffle coupé) qui nous transmet les images que "Gorno" (c'est comme cela qu'on l'appelait) pour nous met en langage (le russe, cette langue magnifique) : les choses les plus profondes que j'ai entendues sur Chopin, je les ai entendues de la bouche de l'interprète (dont, honte à moi, j'ai oublié le prénom, une femme charmante, qui m'aimait bien - c'était réciproque) de Gorno, et donc, vous l'aurez compris, de la bouche de cette dernière.

P.S.(VII) Ah oui, aussi, il y a un pianiste, que là, pour le coup, je déteste au plus haut point (c'est tout ce que je n'aime pas), mais qui, je l'avoue, avait été... pff, je ne trouve plus de mots, bref, démentiel, inoubliable... dans une impro sur la 2ème Rhapsodie hongroise de Liszt, en concert à Auvers-sur-Oise : Denis Matsouev (dont j'ai honte d'écrire le nom à côté de tous les grands que j'ai cités, y compris en mal, de Lipatti à Haskil...).

P.S.(VIII) Aimard dans Ligeti, c'est excellent... (Enfin, pour Brahms, j'adorais Katchen avant, mais un peu moins maintenant - et once more, Katchen dans Chopin, no good)

commentaires

09/06/08 - 08:50

Là, je dis bravo !

Convaincu !
((Sauf pour Larrocha, Gieseking et Bolet (je persiste...)que je remplacerai volontiers par Brendel, Pollini et Bacha...))

:-)

09/06/08 - 10:44

Pour Schumann, une certaine Clara Haskil fit date.
J'approuve à 100% pour Cortot : ses Préludes de Chopin sont sublimes, malgré les fausses notes.
Le pourtant excellent Alexandre Tharaud vient d'en livrer une version sans grand intérêt.

09/06/08 - 10:52

Michelangeli est très bon dans Schumann aussi...
Tharaud, c'est nûûûûûl !!!

10/06/08 - 00:42

Et Michelangeli dans les ballades de Brahms ? Et Friedrich Wührer dans les Variations et fugue sur un thème de Händel ?
Par ailleurs, un de mes deux plus pittoresques souvenirs de concerts fut la série de quatre récitals dispensés à la salle Pleyel, à compte d'auteur, par le richissime Vyron Bellas, qui jouait, à chaque fois, honorablement mais sans plus, un programme du genre "Carnaval de Schumann ; Appassionnata ; entracte ; deuxième ou troisième sonate de Chopin ; sonate en si mineur de Liszt" - devant, à chaque fois, une trentaine de personnes, dont une moitié d'étudiants qui avaient payé dix balles et que les ouvreuses surclassaient généreusement aux premiers rangs d'orchestre, pour que l'artiste ne prenne pas froid.
L'autre souvenir est encore plus hellène : une dame de la bonne société de Lesbos donnait devant ses amies et des routards de passage, en plein air dans la forteresse de Mitilini (je le transcris du grec faute de savoir placer le y en grec), un peu de Bach puis la pénultième sonate de Beethoven, qui ressemblait sous ses doigts à une trentaine de petites pièces aussi brèves qu'éparses ; après l'entracte, elle se lâcha, pour son bonheur et le nôtre en jouant des mélodies de Manis Hadzidakis.
Le troisième souvenir n'a rien de grec, et je n'y ai pas assisté directement : c'est le mémorable récital de Berthe Trépat dans "Marelle" de Julio Cortazar.

10/06/08 - 00:42

le y en français*

10/06/08 - 07:04

N.B. Pour Bolet, please, écoutez "Ricordanza"... :)

J'admire beaucoup Brendel ; El Bacha est très bon (mais, je trouve, sans génie) ; et Pollini, sorry, ça ne me fait rien... (son dur pour Chopin, et quelle idée a-t-il eu d'enregistrer les Etudes de mon Debussy chéri, ces chefs d'oeuvre, en les vidant de tout... debussysme justement, et pour aller vite) - cela dit, j'ai entendu Pollini 1 fois ou 2 en concert, il y a plus de fausses notes qu'en CD (pains mémorables dans les Ballades de Chopin), mais aussi (surtout) un peu plus d'émotion... [oui, c'est un peu ça : pour moi, Pollini en CD, c'est le degré zéro de l'émotion, tellement perfectionniste et une volonté de "faire naturel" à tout prix, résultat : vidé de toute substance - ou âme]

Haskil : once again, she's not my favourite...

Tharaud est quand même très bon dans Rameau... Mais c'est vrai que je le vois mal dans les Préludes de Chopin...

Sinon, je ne crois pas avoir entendu Michelangeli dans Schumann et les Ballades de Brahms - il le faudra.
Friedrich Wührer, je ne l'ai jamais écouté, mais j'avoue en plus que c'est la première fois (je crois) que j'entends son nom ! Merci, donc.

10/06/08 - 07:11

Cher Louis-Philippe,

Merci pour ton commentaire enthousiaste. Concernant les 3 pianistes auxquels tu penses, l'idéal serait que tu me recommandes certains enregistrements - qui sait, peut-être pourrais-je même changer d'avis sur Pollini...

10/06/08 - 10:52

J'admire beaucoup Pollini dans Debussy, justement pour cette décoloration, cette nonchalante langueur dépassionée qu'il arrive à faire naître...
Mais, n'aimant pas beaucoup Gieseking, je crois que nous ne nous entendrons jamais à ce sujet...
Cela dit, écoute le tout de même dans Schumann (ce n'est pas mon préféré dans ce répertoire cela dit) et, surtout, dans Stravinski, Prokofiev, Webern,Boulez...
((PS: les pains, en concert, je m'en fous, qui n'en fait pas ?(cf. main gauche d'Horowitz...hum...:-)))
Pour moi Bacha est véritablement un génie. Je l'admire beaucoup pour ses Bach, et nul n'a autant de clarté et de poésie, dans Rachmaninov, même si c'est parfois un peu droit, il est vrai (m'enfin bon, il était orthodoxe après tout...).

PS : Petit réservoir d'idées pianistiques à approfondir (et sur lesquelles je serai ravi d'avoir votre avis): Earl Wild, Stephen Hough(très fin ... et très plat !), Tatiana Nikolaeva, Jean Philippe Collard (pour ses Fauré), Roger Muraro (pour les Liszt de la maturité)...

10/06/08 - 18:47

Benno Moiseiwitsch ?

11/06/08 - 04:54

Cher Louis-Philippe,

Tout à fait d'accord avec la description que tu fais de Pollini dans les Etudes de Debussy. Je comprends que l'on puisse aimer écouter ces monuments du répertoire par lui, où tout ressort très nettement, dans le moindre détail, de manière élégante. Quand même, je ne sais pas, c'est un peu comme si on sortait un poisson magnifique de l'eau, pour mieux l'examiner, observer toutes ses écailles... il est en effet très beau, mais il ne respire plus, n'ondoie plus, ternement, tragiquement saisissable, cet insaisissable animal... [Je dirais que Brahms et Debussy n'ont peut-être que ça en commun : souvent, leur musique est "aquatique" (avis très personnel, pour ce qui concerne Brahms du moins..)] - disons que Pollini, au mieux, ce serait une loupe sur un aquarium (bel aquarium, certes, mais aquarium quand même) - Gieseking, c'est moins parfait, mais ça reste insaisissable, sauf même à être brouillon parfois...
Au fait, pour les fausses notes dans les Ballades, c'était juste une boutade, et c'est juste que c'est amusant de voir Pollini, LE pianiste virtuose et perfectionniste par excellence, se planter en beauté dans certains passages redoutables de Chopin... Mais moi aussi, je n'attache aucune importance aux fausses notes (sinon je n'écouterais pas Cortot... et puis le jour où j'arriverai à jouer une Ballade sans mettre un pain, peut-être que je me permettrai de critiquer..), et d'ailleurs, Pollini, je le préfère justement en concert quand il fait (quelques) fausses notes [plus d'émotion].

C'est vrai que je vois très bien El Bacha dans Bach et Rachmaninov. - Je ne pense pas que son côté "droit" me gêne dans Rachmaninov (je crois qu'il faut toujours rester droit dans Rachma, même - surtout - dans les climaxs émotionnels - ce n'est pas du Chopin, ou du Scriabin..).

Je ne crois pas avoir entendu Earl Wild.

Stephen Hough, c'est un grand virtuose. (Je l'avais vu en récital à Gaveau, dans des transcriptions par Liszt et Rachma de je ne sais plus quoi, aussi réarrangé par Hough.. - long time ago.. ah si, il y avait des extraits de "La Belle au bois dormant" -, c'était extraordinaire).
Dans les Concertos en la mineur et si mineur de Hummel, il est démentiel. Et Hummel, c'est redoutable... je me souviens avoir travaillé sa Sonate en fa # mineur (oeuvre sublime, par ailleurs vénérée par Chopin, Schumann et Liszt) : c'est un monument (aussi) de difficulté.
J'ai aussi réécouté sa Sonate en la mineur de Schubert, 1er mvt (la mi ré# mi - l'ami Rémi - oui, je sais, mais il est tard), c'est en effet très fin : incroyables pianissimos.. Mais il manque un cri de douleur dans le : ré, sol la sib la, ré, do sib, ré... Et ses octaves de main gauche au début du développement sont en trop "bonne santé" (même dans les forte, Schubert doit rester malade, ce n'est pas assez sec ou torturé.. bref, Schubert, c'est pas du Beethov). Donc, oui, un peu plat.
(Mais quand même, c'est plus difficile de jouer Hummel que Schubert..) [enfin, disons que Schubert on le sent ou pas.. Hummel, on est toujours mal barré]

Je n'ai jamais entendu Nikolaeva (je crois).

J'aime bien J.-Ph. Collard dans Fauré. -1ère Barcarolle un peu fade parfois, mais 3ème géniale. Un peu trop statique au début du 4ème Nocturne, mais très belle partie centrale. [Un son très.. "bolettien" parfois ! Enfin, n'exagérons pas, il n'arrive quand même pas à la cheville de BOLET, qui a dû aller chercher son son sur une autre galaxie..] 5ème et 6ème Nocturnes excellents... (Mais bien sûr, si on a entendu la 3ème Romance et la Berceuse de Dolly [que Collard fait avec Bruno] par Cortot, forcément, pour ces 2 oeuvres, Collard, on trouve ça nûûl..]
[Sinon, Jean-Philippe, je lui ai serré la main une fois, et... il a une sacrée poigne ! - limite s'il ne m'a pas broyé la main :) enfin, j'étais jeune, et encore fragile..:)]

Enfin, Muraro. J'ai un mauvais souvenir avec lui : il était au jury d'un examen où je jouais entre autres.. "L'Alouette calandrelle" de Messiaen (pas de chance quand même de l'avoir en jury ce jour-là !). Et il m'a dit : "Belles couleurs, mais les pauses n'étaient pas toujours exactes ; chez Messiaen, il faut respecter absolument, métronomiquement, les silences...", bla, bla, bla. Bien sûr, en rentrant chez moi, j'ai réécouté son CD, et comme dans mon souvenir, le moins qu'on puisse dire, c'est que les temps de pause je les avais quand même plus respecté que lui ! (pas dur, faut dire) Gonflé le père Muraro... [après que j'ai retransmis à Jean-Marie Cottet ses propos, j'ai ajouté donc : "enfin, j'ai réécouté le CD..", et il m'a dit : "Oui, j'y ai pensé tellement fort que j'ai pas osé le dire..." ; d'ailleurs, à propos de J.-M. Cottet, je l'ai entendu une fois dans un Quintette de Franck, en concert : c'était sublime !]
Enfin, sinon, bien sûr, Muraro joue admirablement Messiaen. Je ne l'ai jamais entendu dans les derniers Liszt, mais c'est vrai que je l'y vois à merveille. [tout en espérant qu'il respecte à la lettre les silences de "Nuages gris" :)]
J'ai aussi "Iberia" par lui : très belles couleurs (bis :)), super style, mais... pas bouleversant (Si on ne pleure pas à "Almeria", c'est qu'il y a qch qui va pas...) - je le répète : LARROCHA, INSURPASSABLE, du moins dans ce qui existe en CD, DANS LA MUSIQUE IMPRESSIONNISTE ESPAGNOLE !! -
Très bon dans Tristan Murail aussi (mais je trouve sa version de "Cloches d'adieu, et un sourire..." peut-être pas assez émouvante... enfin, j'aurais bien aimé le jouer comme lui quand même...)

11/06/08 - 05:14

P.S. Je disais que je n'aime que Lipatti dans le Concerto n° 1 de Chopin, mais je dois ajouter que j'ai entendu une fois Denis Pascal en concert (il est toujours meilleur en concert qu'en CD) dans cette oeuvre, à Gaveau : c'était magnifique.

12/06/08 - 02:57

Cher Arpad,

Benno Moiseiwitsch, j'aime énormément bien sûr. Un son sublime, technique incroyable... Peut-être un petit côté tape-à-l'oeil parfois, et une belle fantaisie qui cependant devient un tout petit peu systématique à la longue... ce qui me fait préférer Cortot à lui. (Cortot, c'est toujours imprévisible et vraiment spontané)

Moiseiwitsch fait des très belles choses dans la Barcarolle de Chopin. (mais dans son intégralité, je préfère Lipatti)
Son 4ème Scherzo (le plus beau des Scherzi) est époustouflant, mais pourquoi faire si vite la partie centrale... C'est ça, il y a toujours un côté clinquant chez lui, de "l'effet"... (et un peu vieillot parfois)
Il fait une belle Isoldes Libestod (Wagner-Liszt) - même si, je ne sais pourquoi, il saute la 1ère page...
Tout à fait extraordinaire dans le Rondo op. 11 de Hummel !

12/06/08 - 02:58

P.S. Oui, j'oubliais, son op. 25 n° 3 est peut-être la plus merveilleuse version que j'ai entendue... (mais il faudrait que je réécoute toutes les autres... ce serait un peu long, même si l'étude est courte :))

04/07/08 - 09:29

Maître(s), que convient-il de penser de Vlado Perlmuter, chez Chopin ou Ravel notamment?

08/07/08 - 01:47

Du bien, et pas seulement chez eux.

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