J'écoute : Five Years (Bowie) et Leon Fleischer dans les Concertos de Beethoven (avec Szell)
Je regarde : La Belle au bois dormant (Disney) - en jonglant entre la vf et la vo, pour la voix de Danielle Licari...
Je lis : L'OEuvre d'art et ses significations (Panofsky)
Je joue : l'étude en ré # mineur de Scriabine et l' "Alborada" (Ravel)
Je mange : le Rien (enfin, n'exagérons rien)
Je bois : quand même et m'aime si
Je cite : « Sans doute les œuvres d’art importantes sont-elles, de façon générale, celles qui s’assignent un but extrême, qui se brisent en voulant l’atteindre, et dont les lignes de fracture demeurent comme le chiffre de la vérité suprême qu’elles n’ont pu nommer. » (Adorno, QUASI UNA FANTASIA, 1963) – « Plus que le vice, dit Proust, inquiètent la folie et son innocence. Si la schizophrénie, c’est l’universel, le grand artiste est bien celui qui franchit le mur schizophrénique et atteint la patrie inconnue, là où il n’est plus d’aucun temps, d’aucun milieu, d’aucune école. » (Deleuze et Guattari, L’ANTI-ŒDIPE, 1972) – « J’ai tout fumé les Craven ‘A’. » (Sabine Paturel, 1986) – « Nous ne sommes que des êtres de vent, des messagers évanouissants entre la jouissance qui aspire les mots et le nom du père qui les ordonne. » (J.-D. Nasio, 1992) – « Si le roi est nu en effet, ce n’est justement que pour autant qu’il l’est sous un certain nombre d’habits – fictifs sans doute, mais néanmoins essentiels à sa nudité. Et par rapport à ses habits, sa nudité elle-même pourrait bien n’être jamais assez nue. Après tout, on peut écorcher le roi comme la danseuse. » (Lacan, Le Séminaire. Livre VII : L’éthique de la psychanalyse, 18 novembre 1959)
Je pense : où je ne suis pas, donc je suis où je ne pense pas
Je rêve : = désir au second degré, désir de désir
(mis à jour dimanche 13 juillet 2008 à 15:18)

05/06/2008

05/06/08 - 22:06

NOUVEAU TOP TEN DE PIANISTES (suite, notamment, à la belle réponse - et au beau top - de jeunehommeaubonnetrouge [cf. commentaires du top précédent])

[N.B. Je ne dis pas que Lipatti ou Gieseking sont « meilleurs » que Richter ou Michelangeli (d'ailleurs, y a-t-il meilleur pianiste que Richter ?), mais juste que je les préfère à ces derniers (car ils me touchent plus, m'étonnent plus - la Verblüffung dépend de notre façon de se situer par rapport à l'Autre).]


1. Dinu LIPATTI

2. Claudio ARRAU
& Jorge BOLET (dans Liszt)

4. Alfred CORTOT
& Wilhelm KEMPFF
& Alicia de LARROCHA (Albeniz, Granados, De Falla)
& Rudolf SERKIN

8. Walter GIESEKING (le seul pianiste que j’aime vraiment dans Debussy)

9. Arthur SCHNABEL
(Beethoven et Brahms, puis Schumann – PAS pour Bach, Mozart et Schubert)

10. Samson FRANÇOIS
(pour Ravel bien sûr, mais surtout Chopin, uniquement dans les Valses – du pur génie –, les Mazurkas – idem – et le 1er Impromptu, et Franck, puis aussi « Des pas sur la neige » et « Brouillards » de Debussy – ses autres versions des œuvres de Chopin et Debussy, mieux vaut ne pas les entendre)
[+ Glenn GOULD]

Hors-compétition : Sergueï RACHMANINOV

Inclassable : Vladimir HOROWITZ (écoutez-le, ce cogneur maniéré fou d’amour, dans le thème douloureux de la « Polonaise-Fantaisie » – p. 81 de l’édition Paderewski –, jamais personne ne l’a joué comme lui – ou alors, peut-être Chopin… –, ou encore, dans cette chose monstrueuse et sublime – au sens de Burke, le sublime de Terreur – qu’est sa version de la Ballade n° 2 de Liszt ; Horowitz, c’est un peu comme un dieu ayant perdu son foudre et devant se contenter d’un instrument terrestre, ce piano toujours trop petit pour lui – et donc, forcément, il casse tout [son op. 42 n° 5 de Scriabin : quelle horreur, pourtant je pleure])


P.S. Gulda, j’attends d’en avoir entendu plus ; Edwin Fischer et Backhaus, je ne les connais pas assez pour juger (aussi il faut m’y mettre, et donc, je ferais mieux de me taire) ; Solomon, honte à moi, je ne l’ai jamais entendu (idem pour Marcelle Meyer et Lili Kraus).

P.S.(II) Est-ce que quelqu'un pourrait me conseiller une version géniale de la Fantaisie de Schumann (et, mais je désespère d'en trouver – à part la très bonne d'Arrau et l'inqualifiable d'Horowitz –, de la Polonaise-Fantaisie de Chopin) ?

commentaires

06/06/08 - 10:28

Vous verrez, jeune homme, que votre classement sera sujet à maints bouleversements tout au long de votre avancée dans l'existence.
Pour la Fantaisie de Schumann, la version d'un certain Alfred Brendel, période Vanguard, est magnifique, mais existe-t-elle en CD ?
Gilels ?????????????????????????????????

06/06/08 - 11:19

Nat, dans mon souvenir, n'était pas mal dans la Fantaisie, mais il y a longtemps que je ne l'ai pas réécouté (tiens, c'est une idée).
Je ne sais comment interpréter, par ailleurs, les 33 points d'interrogation de Sissou.................................

07/06/08 - 14:10

Il y a aussi un très beau disque de Youri Egorov, jeune pianiste russe mort du sida il y a tout juste vingt ans, consacré à quatre fantaisies (Chromatique de bach, K 475 de Mozart, en fa mineur de Chopin, et celle de Schumann). Entre-temps, j'ai réécouté la version de Nat, à laquelle la prise de son ne rend hélas pas justice.

09/06/08 - 07:45

Merci pour les conseils.

Cher Sissou, Gilels n'est pas, vous l'aurez compris, mon favori (même si j'aimerais bien jouer comme lui - quoique, ce son un peu lourd, je suis pas sûr... je plaisante, mais quand même.. :))

Cher Arpad, la mauvaise qualité de son ne me gênera aucunement pour Nat : j'adore les vieux enregistrements, et suis habitué au craquement avec Cortot... Il est vrai que les aigus claquent toujours un peu dans ces vieux enregistrements : assez embêtant dans une version des "Jeux d'eau à la Villa d'Este" (le seul Jeux d'eau qui compte..) par Arrau que j'ai, où on veut monter le son pour mieux entendre ses merveilles, mais où l'on perd alors un tympan à chaque sforzando dans les aigus...:)

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