J'écoute : Five Years (Bowie) et Leon Fleischer dans les Concertos de Beethoven (avec Szell)
Je regarde : La Belle au bois dormant (Disney) - en jonglant entre la vf et la vo, pour la voix de Danielle Licari...
Je lis : L'OEuvre d'art et ses significations (Panofsky)
Je joue : l'étude en ré # mineur de Scriabine et l' "Alborada" (Ravel)
Je mange : le Rien (enfin, n'exagérons rien)
Je bois : quand même et m'aime si
Je cite : « Sans doute les œuvres d’art importantes sont-elles, de façon générale, celles qui s’assignent un but extrême, qui se brisent en voulant l’atteindre, et dont les lignes de fracture demeurent comme le chiffre de la vérité suprême qu’elles n’ont pu nommer. » (Adorno, QUASI UNA FANTASIA, 1963) – « Plus que le vice, dit Proust, inquiètent la folie et son innocence. Si la schizophrénie, c’est l’universel, le grand artiste est bien celui qui franchit le mur schizophrénique et atteint la patrie inconnue, là où il n’est plus d’aucun temps, d’aucun milieu, d’aucune école. » (Deleuze et Guattari, L’ANTI-ŒDIPE, 1972) – « J’ai tout fumé les Craven ‘A’. » (Sabine Paturel, 1986) – « Nous ne sommes que des êtres de vent, des messagers évanouissants entre la jouissance qui aspire les mots et le nom du père qui les ordonne. » (J.-D. Nasio, 1992) – « Si le roi est nu en effet, ce n’est justement que pour autant qu’il l’est sous un certain nombre d’habits – fictifs sans doute, mais néanmoins essentiels à sa nudité. Et par rapport à ses habits, sa nudité elle-même pourrait bien n’être jamais assez nue. Après tout, on peut écorcher le roi comme la danseuse. » (Lacan, Le Séminaire. Livre VII : L’éthique de la psychanalyse, 18 novembre 1959)
Je pense : où je ne suis pas, donc je suis où je ne pense pas
Je rêve : = désir au second degré, désir de désir
(mis à jour dimanche 13 juillet 2008 à 15:18)

01/06/2008

01/06/08 - 11:05

Les 10 plus grands pianistes [classiques] du XXe siècle


1. Dinu Lipatti (le plus grand ; qui s'est remis de sa version du Concerto n° 21 de Mozart, ou de ses Chopin ?)

2. Claudio Arrau
& Jorge Bolet (qui ne l'a pas entendu dans Liszt n'a jamais entendu de Liszt)

4.-9. :
- Wilhelm Kempff (l'intégrale des Sonates de Beethoven : indépassable)
- Rudolf Serkin (même s'il n'aimait pas Liszt)
- Alicia de Larrocha
- Alfred Cortot (même si c'était un pauv' type)
- Sergueï Rachmaninov (il n'y a qu'une version de ses concertos, la sienne)
- Friedrich Gulda (qui a aussi fait du jazz, et dont l'enregistrement du "Clavier bien tempéré" est un miracle)

10. Walter Gieseking (l'intégrale Debussy, quelle merveille)


P.S. Mon plus grand regret : ne pas avoir entendu jouer Chopin et Liszt. (C'est ça qui est terrible, on ne peut pas à la fois avoir entendu Chopin et vu "Gerry".)

commentaires

01/06/08 - 11:13

Pour Dinu Lipatti, ses Chopin datent un peu. Pour Mozart, je suis d'accord. Le concerto que vous évoquez et surtout la sonate K 310 écrite à Paris. Et que dire de son interptétation du "Jesus que ma joie demeure" de Bach... c'est inégalé et inégalable.

01/06/08 - 11:18

Et pour ce qui est de vos regrets, on estime que durant sa vie, seulement 19000 personnes auront entendu jouer Chopin...
Pour ma part, ce sont les improvisations de Mozart que j'aurais aimé entendre...

01/06/08 - 11:58

Oui, j'y ai pensé aussi, Mozart bien sûr, j'aurais aimé. Et oui, aussi, Lipatti dans "Jésus que ma joie demeure", j'en meurs (je l'ai découvert, vers 13 ans, avec ce morceau). Par contre, pour Lipatti dans Chopin, je suis fâché - :) -, je pense que son sommet, c'est peut-être sa version du 1er Concerto (et quelque part, je suis persuadé que Chopin le jouait de la même manière). Réécoutez, réécoutez-en le 1er mouvement par Lipatti, c'est la plus forte expérience "discographique" de toute ma vie (avec la première fois où j'ai entendu du Mozart, "La Petite musique de nuit"...), c'est à tomber par terre, c'est comme si Peter Pan venait à notre fenêtre, que sais-je, c'est bouleversant ! Et de manière générale, je trouve que peu de pianistes peuvent rivaliser avec Lipatti pour Chopin (et j'aime à vrai dire, pour ce compositeur, très peu de pianistes) : Arrau, Cortot, Rachmaninov (dont les quelques enregistrements de Chopin sont très étranges, mais je les adore), peut-être Samson François pour les Mazurkas et Argerich dans ses meilleurs moments. Qui d'autre ? (Non, pas Zimerman - que je vénère par ailleurs pour son 2ème Concerto de Brahms, et dont la version de la Barcarolle est très belle, mais enfin, à côté de celle de Lipatti... bref, on aura compris que j'aime Lipatti.)
Merci pour le nombre que j'ignorais de personnes ayant entendu Chopin. Pour tout vous dire, je me console un peu de n'en être pas de ce que j'écoute les enregistrements de Lipatti. (Il est mon idéal chopinien, donc, forcément, mon pianiste préféré...)

P.S. Le 3ème mouvement de la 3ème Sonate de Chopin par Lipatti.. (on n'en sort pas, moi pas en tout cas)

01/06/08 - 12:10

Pour le concerto et la sonate, je vous l'accorde... et pour que vous soyez moins fâché :)
Mais pour les valses... Comme dirait un ami polonais, c'est très "old fashion"...
Lipatti dans les concertos de Grieg ou celui de Schumann, c'est également somptueux :)
Voyez comme je suis accommodant :)

01/06/08 - 12:20

Un tel classement est absurde au plus haut point. Qui plus est, je trouve celui-ci très "cliché".

Une liste de nom n'a aucun intérêt.

Tous ont fait du bien et du moins bien (surtout Lipatti...).
Personne n'est jamais d'accord à leur sujet.
Il en manquera toujours.
Il y aura toujours les inclassables.

C'est une liste d'oeuvre remarquablement jouées qu'il faudrait faire.

Pour finir, je suis ravi de n'avoir entendu ni Bach, ni Mozart, ni Beethoven, ni Chopin... car je crois que j'aurais été très déçu...

01/06/08 - 12:41

Pour la K 310, je trouve que Gilels (qui devrait figurer dans les dix) égale au moins Lipatti, dont la compatriote Clara Haskil est par ailleurs fâcheusement omise. Mais il est vrai que, si on les emmenait tous sur une île déserte, elle ne serait plus déserte...

01/06/08 - 14:11

Cher Louis-Philippe, tout d'abord, merci pour cette réponse enflammée (je n'eus pas cru qu'un top ten de pianistes entraînerait tant de commentaires en si peu de temps - déjà 3 ; plus de pianistes que de lacaniens sur GA, c'est certain).

Absurde, je ne sais pas, débile, c'est certain (aussi), enfin, disons que toute liste a un caractère fétichiste (donc pervers).
Cliché, mm.. Lorsque je disais il y a peu de temps mes pianistes préférés à un ami (pianiste aussi) - je n'en avais pas réuni dix, ça, c'est pour faire reluire le fétiche -, il me dit : "T'as des goûts d'vieux, qu'est-ce tu veux qu'j'te dise". Qu'y puis-je, si je préfère Bolet à Lugansky, Serkin à Perahia, Arrau à Zimerman et Lipatti à Nelson Freire (et Kempff à Brendel et même Cortot à Richter....) ? Quoique je n'ai jamais entendu Brendel ou Lugansky en concert.. Zimerman oui (c'est génial et encore mieux qu'en CD), Perahia aussi (c'est.. très bien, mais enfin). Il y a quand même quelque chose avec ces vieux enregistrements : pas de coupure, de montage, une seule prise (je suis gonflé de dire ça, car du montage j'en ai bien usé dans le CD que j'ai enregistré, mais enfin, l'époque n'est plus la même). Mais bon sang, ça se sent que c'est en une seule prise, c'est vrai, et oui, Lipatti doit mettre quelques pains dans la 3ème Sonate, et il en met même plein dans le 1er Concerto, et alors ? [Le seul à ne mettre aucun pain en concert, c'est Duchable] Ses fausses notes je les aime aussi (et surtout). C'est très impressionnant, l'op. 10 n° 4 par Perahia, la version la plus rapide que j'ai jamais entendue. Combien de prises? A la note ou au temps ? Bel effet quand même. Mais je préfère l'op. 25 n°11 par Saperton, encore plus sec, en une seule prise, avec du risque, beaucoup de fausses notes, mais un éclair, et un vrai celui-là. Et comme tu dis, en citant Poulenc, "la pire chose c'est de vouloir être à la mode si cette mode ne vous va pas". Alors oui, ça ne me va pas, Freire en CD (pour Chopin), c'est trop parfait, ça ne me fait rien.

Alors sinon, "Tous ont fait du bien et du moins bien", oui, mais "(surtout Lipatti...)", c'est gonflé. Avec le peu d'enregistrements déjà qu'on a de lui, ce qui est le fait non seulement de sa mort précoce mais aussi de son extrême (et maladive) exigence sur les oeuvres qu'ils "maîtrisait" assez pour s'autoriser une fois à en fixer les rares élues sur ce qui nous reste de lui, son testament discographique, dire que surtout Lipatti a fait du bien et du moins bien, je trouve que c'est un comble. Alors, je te demande, puisque tu parles d'une liste d'oeuvres dont il nous faudrait initier l'ouvrage, quelles oeuvres Lipatti a-t-il enregistrées et dont les versions, vraiment, laissent à désirer ? Réécoute bien (tu auras vite fait le tour, il n'y en a pas tant que ça). [ça, c'était l'épisode (très) fâché]

Cette liste d'oeuvres remarquablement jouées, on pourrait s'y atteler, mais c'est juste encore plus difficile de choisir et.. encore plus fétichiste. Je t'en donne deux déjà : 1er Concerto de Chopin par Lipatti et "Bénédiction de Dieu dans la solitude" par Bolet.

Enfin, si tu es ravi de ne pas avoir entendu Chopin, soit, nous n'avons pas le même désir, pas la même histoire - mais à lire ce que les plus grands en ont dit (Schumann, Liszt, Berlioz, et à peu près tous les artistes ayant vécu à Paris qui nous sont restés de cette époque, peintres et poètes y compris), c'était.. à les lire, cela ressemblait étrangement à ce que j'ai ressenti la première fois que j'écoutai le Concerto n° 1 par Lipatti. Et cela, toute prétraille iconoclaste ou autre homélie du modernisme sertie d'amertume (cherchez le schibboleth : désabusement), n'y changera rien. Il n'y a pas de Youkali, mais il y a Chopin, et Lipatti, qui le joue, et tous les Romantiques, qui nous en ont laissé le témoignage - on s'y croirait, à l'écouter, Dinu (et redis-nous comment qu'il jouait, le Polonais).

01/06/08 - 14:23

Cher Arpad, comme tu dis, si on les emmenait tous sur une île déserte, elle ne le serait plus...
J'avoue n'avoir jamais écouté la version de Gilels de la Sonate en la mineur. Il le faudra. En fait, j'étais fanatique de Gilels avant, mais je m'en suis lassé (ce n'est pas mon idéal de son, j'aime le son clair et transparent d'un Bolet, Lipatti ou Cortot). Enfin, si tous les pianistes jouaient comme Gilels ! Et je crois même que je préfère la version de Gilels de la Rhapsodie espagnole à celle de Bolet (c'est pour dire, mais le père Bolet s'en sort pas mal aussi..).
Alors, Haskil, bien sûr, j'y ai pensé en tapant Lipatti, mais quand même, entre ces 2 Roumains, je n'hésite pas. Quelle merveilleuse version des Variations Abegg elle nous a laissée. Géniale dans les mouvements lents de Mozart (mais un peu moins saisissante, peut-être, dans les rapides). Mais j'aime son son. (Non pas Samson, enfin si défois..)

01/06/08 - 19:18

Vous devriez ajouter "à mon avis", tant ce genre de "liste" est forcément subjectif.
Où est donc Michelangeli ?

01/06/08 - 19:18

Et Samson ?

01/06/08 - 21:43

1. Pour Lipatti, sublime, certes ; mais peut-être mort trop jeune pour avoir pu se confronter à certains sommets (j’ai lu je ne sais plus où que son contrat avec Walter Legge prévoyait un enregistrement de la Waldstein et des Etudes symphoniques : regrets éternels).

2. Arrau, d’accord, archi-d’accord.
Mais Bolet ? Et surtout comment concilier l’amour de Lipatti (dont tout l’art consistait en une polyphonie nuancée, géniale façon de faire entendre les voix médianes) et Bolet pour qui « faire ressortir les voix médianes ne sert à rien » (propos lus il y a bien longtemps dans une interview accordée à Diapason, et qui m’avaient tellement choqués à l’époque que je m’en souviens encore). Pour Liszt, Arrau et le Sonnet 103 de Pétrarque me suffisent, merci. (Bon, en ajoutant les Années de pèlerinage par Berman – pianiste par ailleurs très contestable.)

4-9. Serkin, Kempff : évidemment (encore que pour Kempff, ses Intermezzi de Brahms soient encore à mettre au-dessus de ses Sonates de Beethoven, qu’on devrait avoir le droit de préférer par Arrau).
Larrocha : ah bon ?
Cortot : pourquoi pas… mais si l’on accepte son génie pas toujours très « textuel », pourquoi ne pas parler d’abord de Samson François – mutatis mutandis, le même génie et les mêmes limites (techniques, je veux dire) ?
Rachmaninov : mouais, dans ses œuvres, sans doute ; mais comme je ne suis pas souvent pris d’une folle envie de les entendre…
Friedrich Gulda : c’est une blague ? (Et puis quant au jazz, j’attendrai d’en avoir fini avec Thelonious Monk, Lennie Tristano, Bill Evans, Ahmad Jamal (jeune), McCoy Tyner, Herbie Hancock (mais en acoustique, par pitié !), voire deux ou trois disques de Keith Jarrett (mais vraiment pas plus), avant d’écouter ce que cet assassin patenté de Mozart y a produit.)

10. Gieseking : on redevient sérieux, à la bonne heure. (Encore que… si vous parlez de ses Ravel, de ses Debussy et de ses Mozart ; parce que son Clavier bien tempéré est d’un dilettantisme incroyable.)

Bon… « La critique est aisée etc. » Voici donc ma liste :
1. Sviatoslav Richter (le pianiste absolu, grand dans TOUT le répertoire, de Bach à Berg).
2-4. Arrau, Serkin, Kempff.
5. Clara Haskil (quand même !)
6-7. Arthur Schnabel, Edwin Fischer.
8. Arturo Benedetti Michelangeli.
9. Horowitz (mais UNIQUEMENT dans Scriabine et Scarlatti – mais là, insurpassable).
10. Beaucoup de prétendants : Annie Fischer, Emil Gilels, Geza Andá, Solomon… je n’arrive pas à me décider.
Hors-catégories : Glenn Gould.

Et puis j’imagine qu’on ne retient pas les vivants. Parce que tout de même, Zimerman…

01/06/08 - 21:44

(Commentaire tapé avant d’avoir lu les autres ; d’où quelques redites.)

02/06/08 - 01:55

Belle liste de jeunehommeaubonnetrouge.
Et les femmes ?
Clara Haskil, Marcelle Meyer...

03/06/08 - 01:15

Gilels a fait en outre une Hammerklavier inégalée à mon avis, ce qui n'est pas rien car l'oeuvre, contrairement aux sonates de Mozart, est difficile d'écoute, voire rébarbative sitôt qu'on perd le fil - et sa prestation n'en est que plus précieuse. Par ailleurs, ses Scarlatti sont démentiels.

Et Wilhelm Backhaus ? Sa K 331 est ébouriffante, même huit jours avant sa mort, dans le fameux récital d'Ossiach où ses doigts n'étaient plus tout à fait ce qu'ils avaient été.

03/06/08 - 01:55

Sans oublier Lili Kraus, pour faire plaisir à Sissou qui aime les femmes.

09/06/08 - 07:00

Cher jeunehommeaubonnetrouge,

Désolé de répondre si tard à votre beau commentaire, et votre beau top.

Sur beaucoup de points, j'ai déjà commenté votre réponse sans en faire mention dans ma nouvelle liste "d'oeuvres remarquablement jouées" (faite à la demande de Louis-Philippe). Aussi vais-je essayer de ne pas trop me répéter.

Je ne savais pas que Lipatti devait enregistrer la Waldstein et les Etudes symphoniques. Effectivement, c'est regrettable qu'il n'ait pu le faire. Mais pour moi, la 3ème Sonate de Chopin est bien un "sommet" du répertoire (et pas moins que les 2 oeuvres sus-citées): le sommet de Chopin avec sa Polonaise-Fantaisie (et le Nocturne op. 62 n° 1), et aussi, je crois, une des oeuvres pour piano les plus difficiles qui existent [avec Mozart en général] (en termes de réalisation, mais surtout, d'interprétation, et ce n'est pas pour rien que si peu la jouent de manière géniale - Lipatti, Argerich... voir "Liste d'oeuvres"), le 1er mouvement notamment, est très étrange, et ceux qui jouent à merveille la 4ème Ballade peuvent se planter complètement dans ce 1er mouvement...

Pour Bolet, je ne savais pas non plus qu'il avait dit ça. Mais enfin, force est de reconnaître que les voix médianes sont moins importantes chez Liszt que chez Schumann, et ce qu'il a dit n'enlève rien au génie de ses Liszt (je le répète - déjà dit dans "Liste d'oeuvres"... -, écoutez-le "Ricordanza" [1 des chefs d'oeuvre de Liszt], c'est somptueux, inégalable).
Je n'ai pas entendu Arrau dans le Sonnet de Pétrarque, mais j'imagine que cela doit être magnifique. Berman ? J'essaierai de trouver sa version des Années de pélérinage... (mais pour ce que j'en ai entendu, c'est vraiment un pianiste que je déteste, l'archétype du cogneur...)

Honte à moi, je n'ai pas encore entendu Kempff dans Brahms (ça va s'arranger, un ami me les prête dans pas longtemps...:)), mais j'avoue que ça me fait peur, je veux dire, les Intermezzi de Brahms, c'est tellement... (disons qu'avec eux, j'en oublierais presque Chopin...) et à y penser, Kempff doit être tellement génial dedans, j'ai peur de ne pas m'en remettre... (l'op. 118 n° 2, notamment, est un morceau particulier pour moi, dans mon histoire, mais bon, je ne vais pas raconter ma vie personnelle...). Bref, j'ai bien peur de mourir pour cause d'émotion trop aiguë en écoutant les Intermezzi par Kempff (mais je me prépare...).

Pour les Sonates de Beethoven, ça dépend (voir "Liste d'oeuvres"), les versions que j'aime sont Kempff, Arrau, Serkin et Schnabel (et j'ai un souvenir lointain mais ébahi de Nat), mais disons que 2 fois sur 3, c'est la Kempff que je préfère...

Cher J.-h.-a.-b.-r., pour ce qui est de Larrocha, et veuillez m'en excuser, mais je proteste vivement ! Ses Granados, De Falla, Albeniz sont à tomber par terre (écoutez "Almeria"... cf. "Liste d'oeuvres"). A moins que vous n'aimiez pas du tout l'impressionnisme musical espagnol (auquel cas, pareil, écoutez-la dans "Almeria"... :) elle vous fera changer d'avis).

Pour Cortot, cf. "Liste d'oeuvres".

Samson est très inégal, mais quand il est génial, il l'est pour de bon...

Rachmaninov, j'en ai réécouté aujourd'hui (après avoir réécouté tous les autres ces derniers jours), et j'avoue qu'il a un petit peu baissé dans mon estime.

J'ai réécouté aussi les 2 Gulda que j'ai : Bach-Clavier tempéré II & 3 Moments musicaux de Schubert. Je le trouve fascinant dans les Piano, mais par contre il cogne beaucoup dans les Forte... c'est un parti pris (dans Bach), mais c'est vrai que ça heurte trop... (j'avais un souvenir halluciné de ce Livre II du Clavier, mais j'en suis revenu...)
[Sinon, je mettais "qui a aussi fait du jazz" à cause de l'intitulé du top : pianistes classiques... mais je ne l'ai jamais entendu en jazz, et pour dire vrai... je n'y connais RIEN en jazz (non que je n'aime pas ça..), et j'admire votre érudition à ce sujet]

Jamais entendu le Clavier tempéré par Gieseking, ni dans Ravel (mais Ravel - avis très personnel, que je ferais mieux de garder pour moi - me gonfle en ce moment - voilà, c'est dit - ce n'est pas en réponse à ce que vous m'avez dit sur Gieseking, et bien sûr un jour j'irai écouter ses Ravel, mais j'avais juste envie de dire que Ravel me gonfle actuellement, c'est tout.. ça fait du bien de se décharger d'un si lourd secret :) - à tel point que demain, c'est sûr, je recommencerai à l'aimer..). J'ai un très bon souvenir, effectivement, de sa Sonate en la mineur de Mozart... (et il y en a si peu qui jouent bien Mozart, encore moins que Chopin peut-être...)

VOTRE TOP :

Richter, évidemment, c'est toujours génial (un seul reproche : c'est toujours parfait ; et je ne sais pas, quand je l'écoute, j'ai toujours l'impression qu'il est derrière une vitre, je n'arrive pas à rentrer vraiment dans ce qu'il fait ; mais c'est vrai que pour n'importe quelle oeuvre qu'on travaille, si Richter l'a enregistrée, c'est une référence à écouter absolument... et quand même, dans Prokoviev, la vitre se brise... et même dans Mozart, je le trouve très bon - et aussi, même pour...Chopin, bien qu'a priori ce ne soit vraiment pas un compositeur pour lui, même s'il était un de ses préférés... [j'ai réécouté les Scherzos par lui, ça m'a surpris])

Arrau-Serkin-Kempff, we agree.

Clara Haskil, elle, je la mettais quand même sur un piédestal, mais je l'ai réécoutée récemment... DESOLE de ce que je vais dire, mais mon dieu qu'elle m'ennuie. Joli son, mais tellement statique... (me donne l'impression d'un pendule...) Enfin, avis personnel.

Schnabel, oui, bien sûr (je l'ai ajouté dans mon 2ème top) - je ne l'aime pas beaucoup dans Bach&Mozart&Schubert (où on a toujours l'impression qu'il a un train à prendre, et cette manie de faire les rythmes pointés avec une triple au lieu d'une double - assez agaçant dans le 2nd mvt du 23 de Mozart..), mais son Concerto n° 2 de Brahms me fait bien oublier ses Mozart... c'est un sommet. (et j'adore à l'infini son "Empereur", ou son n°1 de Beethoven...) - concernant le 2 de Brahms, je n'ai toujours pas entendu Kempff dedans... mais je doute quand même qu'il y surpasse Schnabel.

Edwin Fischer, honte à moi, je connais mal. (J'ai été obligé de ressortir mon CD L'Art du piano, où effectivement son Bach est magnifique - sérieux prétendant à un futur top donc...:))

Michelangeli : trop intellectuel comme jeu pour moi, et surtout pour Chopin... Mais j'adore quand-même ses Préludes de Debussy... (cf. Liste d'oeuvres)

Horowitz : oui ! (pour le meilleur et pour le pire) cf. 2ème top et liste d'oeuvres - je le trouve parfois admirable aussi en dehors de Scriabin et Scarlatti [son must pour moi : 2ème Ballade de Liszt...] - il y a longtemps que je l'ai entendu dans Scarlatti, effectivement j'ai le souvenir que c'était totalement génial...

Alors, les 10ème position...hum :
- Tout d'abord, honte à moi bis, je n'ai jamais entendu Solomon.
- Annie Fischer : désolé bis, je déteste ce qu'elle fait (ne l'ai entendu que dans Beethoven).
- Anda : mouai, ses Concertos de Mozart sont très moyens je trouve ; et dans Chopin, c'est extrêmement laid... (le 24ème Prélude, il nous joue ça comme une Rhapsodie hongroise, aucune finesse...)
- Gilels : un peu comme Haskil : bien que je savais qu'il n'était plus dans mes favoris (il l'était à mon adolescence), je le mettais encore sur un piédestal, et donc, récemment, j'ai réécouté... aussi les oeuvres que je pensais encore aimer par lui [je disais avant à Arpad que j'aimais plus sa Rhapsodie espagnole que celle de Bolet : ça a changé] : vraiment, finalement, je ne l'aime plus du tout. Je n'aime pas son son, c'est toujours écrasé (certes, infiniment plus subtil et habité qu'un Berman), pesant, c'est "l'école russe" comme je ne l'aime pas [et entre ces 2 monstres du piano russe : Richter et Gilels, je n'hésite pas, Richter mille fois !!).

Gould : oui... (même si je ne l'écoute pas tous les jours, mais avec modération, c'est un bonheur)

Enfin, Zimerman, voir P.S. de Liste d'oeuvres... (j'ai quand même le souvenir d'avoir entendu en CD ses interprétations au Concours Chopin, quand il était tout jeune : c'est les seules interprétations de Chopin que j'ai aimées de lui - avec quand même la Barcarolle sur le CD des Ballades - que je n'ai plus...)

Voilà.

Merci encore pour cette réponse très dense et passionnante. (Et désolé pour ma franchise concernant certains pianistes...)

Cordialement,
guillaume

09/06/08 - 07:27

Enfin,

Merci à tous pour vos nombreux commentaires. (et désolé pour mon avis négatif sur Haskil et Gilels, noms qui sont le plus souvent revenus)

Cher Sissou,
Concernant Michelangeli, Samson, Gilels et Haskil, j'en ai un peu parlé dans ma réponse à jeunehommeaubonnetrouge. (J'ai depuis ajouté Samson dans mon 2ème top)

Cher Arpad,
Pour la Hammerklavier par Gilels, il faudra que je l'écoute (c'est une oeuvre tellement particulière que même si je n'aime plus ce pianiste, il est possible que je l'y adore - avec la Hammerklavier, il faut faire table rase...). Je ne l'ai jamais entendu dans Scarlatti, mais là je doute peut-être qu'il puisse m'y charmer... (mais qui sait)
Pour Backaus, même chose que E.Fisher, je le connais très mal (je me rappelle un matin l'avoir entendu à la radio dans l'op. 10 n° 1 de Chopin, en me disant : "ce pianiste est génial !"). J'ai donc aussi ressorti mon Art du piano, où son 4ème de Beethoven est sublime. Donc, également, prétendant important pour un futur top...

Pour les femmes (il est vrai, hélas, peu citées), je crois que tout le monde doit déjà me haïr pour mon avis sur Haskil... Et j'avoue n'avoir jamais entendu Lili Kraus et Marcelle Meyer. J'aime parfois Argerich (notamment dans la 3ème Sonate de Chopin, ou la Toccata de Prokoviev - dont j'ai par ailleurs entendue une version tout aussi démentielle par Julien Le Pape le jour où il passait son prix au CNSM de Paris, et où il avait tout merveilleusement joué : Scarlatti, Impromptus de Schubert...). Mais sinon, une grande dame, pour moi, c'est Vera Gornostayeva (cf. "Liste d'oeuvres remarquablement jouées" nouvellement sur mon blog).
Avant, j'étais fan de la 1ère intégrale des Sonates de Mozart par Pires (qui en a fait 2 autres), mais j'en suis revenu.. (très bonne version quand même, mais trop "gentil"... et trop romantique pour celle en la mineur) Et Pires maintenant, elle cogne dans les Forte... (détestable dans Chopin, forcément)

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